Un champion en fauteuil roulant

image: Un champion en fauteuil roulant
© Alliance Presse

Paraplégique, Christoph Kunz a su retrouver la joie de vivre. Et il a découvert celle de gagner des médailles aux Jeux paralympiques!

Sa vie a basculé à 18 ans. Fan de vitesse, Christoph Kunz enchaîne les virages au guidon de sa moto. Ce soir-là, en 2000, il n'arrivera pas à la soirée du groupe de jeunes. Dans une courbe à gauche, sa roue touche la bordure de la route en raison de la vitesse élevée. C'est la chute. «J'ai tout de suite senti que c'était sérieux. J'avais perdu toute sensation dans mes jambes et ne parvenais pas à me lever». A l'hôpital, c'est le choc: la cinquième vertèbre est cassée. Plus jamais il ne pourra marcher.

Champion olympique
Début mars 2014, le même Christoph Kunz est rentré des Jeux paralympiques de Sotchi avec une médaille d'or en slalom géant. Il a eu chaud. Alors qu’il espérait trois médailles, il est passé complètement à côté de la première course et a chuté dans la deuxième. Heureusement, la troisième a été la bonne.
Mais le chemin a été long depuis son accident. Christoph a d'abord vu sa vie s'écrouler. «C'était ma faute, j'ai roulé trop vite», reconnaît-il. «C'est comme si un rideau se fermait sur mon avenir. J'ai culpabilisé un max». Mais, très vite, il a repris espoir. Grâce à une famille formidable et à son optimisme de sportif, en athlétisme notamment. «Désormais, il me fallait tirer le meilleur de cette situation». Grâce aussi à sa foi: «Je sais que Dieu a permis cet accident. Pourquoi? C'est un mystère. Mais il m'a donné la force de me “relever” moralement.»

Le miracle ne s’est pas produit
Bien sûr, dans les premiers mois après son accident, Christoph a espéré que Dieu lui redonne la mobilité de ses jambes. Mais le miracle ne s’est pas produit. Cette période de convalescence de quatre mois l’a en revanche convaincu que Dieu avait un plan B pour lui. Un texte de la Bible lui a donné la pêche: «Je peux tout par celui me fortifie» (Ph. 4,13).
Très vite, il s’est tourné vers le ski handicap, dévalant les pentes enneigées sur un monoski. En 2002, il a participé à une première compétition. Quatre ans plus tard, il s’est qualifié pour ses premiers JO paralympiques, à Turin. Mais le niveau des meilleurs étant trop élevé, il lui a fallu attendre les Jeux de Vancouver en 2010 pour décrocher sa première médaille d'or en descente, suivie d'une seconde en argent en slalom géant.

Pas de regret?
«Je ne regrette rien de mon passé», confie-t-il à Just 4U: «Je connais de nombreuses situations bien plus tragiques et cruelles que la mienne». La chaise roulante fait partie de sa vie. Elle ne l'empêche pas d'avoir un emploi, d'être responsable d'un groupe de jeunes et d'encourager de nombreuses personnes à l'occasion d'événements et de conférences.
Marié depuis six ans, heureux père d'une petite fille de quelques mois, le sportif est tourné vers l'avenir. A l'issue de la saison sportive, il annonce qu'il repart au moins pour une saison. Et qui sait, s'il trouve suffisamment de sponsors, il pourrait bien prolonger sa carrière jusqu'aux prochains JO, dans un peu moins de quatre ans.

 Par Christian Willi

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