Je souffre de Smartphonite

image: Je souffre de Smartphonite
© Alliance Presse

Quelques chiffres

- 67% des personnes possédant un téléphone regardent leur Smartphone pour vérifier si elles ont reçu un message ou un appel, même si aucun signal n’a retenti
- 29% des utilisateurs dorment avec leur téléphone à côté du lit ou sous l’oreiller
- Les propriétaires des Smartphones consultent en moyenne leur appareil toutes les 7 minutes 30.

On connaissait la dépendance à l’alcool, à la drogue, puis celle aux jeux vidéo ou à internet. Aujourd’hui, une nouvelle addiction a vu le jour: celle aux Smartphones. C’est grave, docteur? Ça se soigne?

Une nouvelle maladie a vu le jour: la nomophobie. Cette addiction au Smartphone, qui toucherait deux tiers des utilisateurs, entraîne un besoin incontrôlable d’utiliser son téléphone. Les «malades» se sentent même mal, anxieux, voire angoissés si on les prive de leur «précieux». Que faire si tu as l’impression d’être concerné?

Déconnecté de la vraie vie?
La première chose, c’est de te demander si c’est «grave». On peut très bien être dépendant au coca sans que cela ait des conséquences dangereuses. Alors réfléchis: est-ce que, dans ton quotidien, tu passes à côté de belles choses parce que tu as les yeux rivés sur ton Smartphone? A force de graviter dans un monde virtuel, on peut en venir à trouver notre vie réelle peu intéressante. Le danger, c’est de se déconnecter peu à peu de la vraie vie, de ne plus voir les beautés de la nature, de ne plus profiter des petits détails sympas du quotidien. Genre, être en voyage à deux minutes d’un monument superbe mais se dire qu’on ira voir de quoi il s’agit sur notre téléphone, une fois de retour à la maison.
La dépendance est encore plus problématique quand on se met à préférer les relations virtuelles aux relations réelles. Ça ne te frappe pas quand deux copains sont à côté dans un bus et «communiquent» chacun sur Whatsapp avec des «amis virtuels» plutôt que de discuter «en live»?
Autre indicateur de dépendance: mon Smartphone est-il devenu mon sauveur? Celui sans lequel j’angoisse parce que je vais rater mon train, louper mon examen, être incapable de trouver la robe de mes rêves ou d’acheter mes cadeaux de Noël? Là, il y a un hic.

Des pistes pour t’en sortir
Quand notre téléphone sonne ou vibre, on ressent un besoin irrésistible de voir de quoi il s’agit, comme si on avait peur de manquer quelque chose. Alors pour se «décontaminer», on peut commencer par mettre le téléphone sur mode «avion», pour limiter les Bip constants. Hiérarchise aussi tes applications, pour décider lesquelles peuvent faire du bruit et apparaître sur ton écran, lesquelles doivent rester silencieuses. Tu peux même télécharger des applications qui t’aident à être moins addict, en te montrant par exemple combien d’heures tu passes sur ton Smartphone.
Laisse parfois ton appareil hors de portée, par exemple en charge à l’autre bout de l’appartement. Ou «oublie-le» de temps en temps quand tu vas quelque part, pour t’habituer à t’en séparer un moment. Tu peux même faire un «jeûne» de quelques heures ou jours. Une autre clé, c’est de s’occuper avec des loisirs qui nous motivent à fond, pendant lesquels on oublie qu’on a un téléphone.
Tu me diras: «Oui, mais alors si je ne réponds pas à mes amis?». Fais-leur savoir qu’ils ne doivent pas s’attendre à une réponse immédiate, et que parfois même tu ne répondras pas. Cela t’enlèvera une source de stress de ne pas être constamment obligé de répondre à des sollicitations dans les minutes qui suivent.

Jérémie Cavin

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