Mes parents disent que j’ai l’âge bête

image: Mes parents disent que j’ai l’âge bête
© Alliance Presse

Mes parents disent que j’ai l’âge bête. Ont-ils raison? Comment leur prouver le contraire et ne pas laisser cette histoire pourrir mes relations familiales?

«Laisse tomber, il a l’âge bête». Tu l’as déjà entendue, cette phrase, dans la bouche de tes parents ou de tes frères et sœurs? Si oui, je parie que ça t’a fait super plaisir:). Et même Wikipédia est d’accord avec eux: «L’âge bête est la première partie de l’adolescence, comprise entre 12 et 16 ans, où les adolescents se montrent souvent imbus d’eux-mêmes et/ou complètement immatures». En résumé, à chaque fois que tu as un comportement «bizarre», cela prouverait que tu as l’âge bête. Juste ou faux?

Je suis un ado, et alors?
Commençons par dire que, c’est vrai, l’adolescence est une période particulière et que tes parents peuvent se sentir un peu désemparés. Après tout, cela fait longtemps qu’ils sont passés par là… Pour eux, le plus simple est donc de dire que tu as l’âge bête à chaque fois que tu es triste, que tu désobéis, que tu es un peu complexé, que tu rigoles pour un truc rien à voir, que tu «tires la tronche», que tu tombes amoureux, que tu sors un «c’est nul», que tu joues la carte de la provocation ou que tu parles de quitter la maison.

Ne pas se coller une étiquette!
Chacun a un effort à faire pour éviter que les relations se crispent dans la famille. Ce serait quand même dommage que tous les moments que tu passes à la maison soient tendus, non? La relation que nous avons avec nos parents est un défi, mais elle est un bon terrain d’entraînement pour les relations que nous aurons, tout au long de la vie, avec des gens qui parfois nous énervent ou nous remettent en question.
Commence donc par demander à tes parents de ne plus utiliser cette expression «âge bête»; sinon, ils risquent d’en faire une excuse pour ne pas chercher à te comprendre vraiment. Mais surtout, tu risques toi aussi de te convaincre que tu a l’âge bête et que, du coup, tu ne peux rien faire contre. Ce qui est faux! On a toujours le choix de ses réactions. A toi de prouver à tes parents que tu n’es pas un cas désespéré.

Transparence, écoute et respect
Plutôt que de te renfermer sur toi-même, à te dire que «de toute façon ils ne comprennent rien», joue la carte de la transparence et de l’écoute. Tes parents doivent comprendre ce que tu vis, tes doutes, tes questions, tes déceptions. Et toi, tu dois comprendre pourquoi ils s’inquiètent pour toi, pourquoi ils t’engueulent, etc. Le défi, c’est d’en parler calmement, sans accuser «le clan adverse».
Dans toute cette histoire, le maître-mot est le respect: même si, à certains moments, tu ne peux plus les saquer, retiens-toi d’exploser et de dire des choses que tu regretterais. Sache aussi dire pardon quand tu as mal agi, en expliquant avec sincérité ce que tu ressentais à ce moment-là. Essaie d’écouter ce qu’ils te reprochent et de t’améliorer là où tu vois qu’ils ont raison. L’ambiance sera alors plus agréable à la maison que si vous laissez des choses non réglées.
Evidemment, le respect va dans les deux sens. Tes parents ont le droit d’exiger ton obéissance, certes, mais ils ont la responsabilité de te considérer comme une personne à part entière, pas comme un «adolescent perturbé par l’âge bête».

Jérémie Cavin

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°