De l’horreur à la foi

image: De l’horreur à la foi
© Alliance Presse

Aujourd’hui, Jean-Damascène Habarurema est un coureur talentueux. Mais c’est tout un cheminement qui l’a conduit là où il est aujourd’hui

L’histoire de Jean-Damascène Habarurema est touchante. Rwandais d’origine, il a été frappé de plein fouet par le génocide de 1994 alors qu’il était adolescent: toute sa famille est morte dans ces événements tragiques, qui ont tué 800'000 personnes. Recueilli par des prêtres, il a participé quelque temps à la vie religieuse communautaire. Mais celui qu’on appelle encore aujourd’hui «Frère Jean» a trouvé sa vocation ailleurs: dans la course à pied. C’était pour lui un moyen de se changer les idées après le traumatisme vécu en Afrique. Ce sport est aussi devenu une passion. Aujourd’hui naturalisé Français, il a été le premier européen au classement des championnats du monde de semi-marathon l’automne dernier.

«Ma force, c’est la foi»
Pour arriver au plus haut niveau, de grands efforts ont été nécessaires: «C’est dur. On apprend à se confronter à l’épreuve de la douleur et de la souffrance», a-t-il déclaré au magazine de course VO2, qui lui a consacré une belle interview. «Cette douleur mène à la découverte de soi-même et à trouver ses propres limites. Ce qui est motivant, c’est que je ne connais pas vraiment mes limites. Jusqu’où pourrais-je les repouser?»
Mais le sport n’est pas sa raison de vivre: «Le sport est devenu ma passion. Mais le cœur de tout ça, ma force, c’est la foi. Je suis croyant et pratiquant, la spiritualité fait partie de moi», a affirmé Jean-Damascène Habarurema à Ouest France. Il pense aussi que Dieu l’a appelé à courir: «La religion doit montrer qu’elle ne se limite pas uniquement à l’Eglise et à la prière. Elle doit aussi aller vers les autres. Le sport peut y contribuer.»
Au fil des années, Jean-Damascène Habarurema a aussi compris que l’amour vaut mieux que la haine. Bien que le génocide reste un souvenir douloureux, il refuse la vengeance, convaincu que pour pouvoir vivre ensemble, il faut savoir pardonner.

Par Jérémie Cavin

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°