Il graffe pour Jésus

image: Il graffe pour Jésus
© Alliance Presse

Cyprien s’est trouvé une passion: les graffitis. Mais loin d’y voir là un moyen de se révolter, il utilise son art pour transmettre des valeurs.

Ils tracent des mouvements rapides et précis avec des bombes aérosol, sous l'oeil avisé de Cyprien: nous ne sommes pas au bord d'une autoroute, poursuivis par les sirènes de la police. Le seul bruit qui nous parvient est celui des grillons du Sud de la France, où Cyprien anime un atelier artistique pour faire connaître la technique du graffiti et sa dimension artistique.
S'exprimer en 3D
Cyprien utilise le graffiti pour s'exprimer en trois dimensions et parler de la foi d'une nouvelle manière. Quand il graffe en donnant le meilleur de lui, en utilisant au mieux sa technique, c’est pour montrer la grandeur de Dieu. Il lance d'une voix sûre: «Je ne graffe pas pour me faire mon nom, mais pour faire connaître Jésus». Le graffiti, pour lui, est l'occasion de se distancer du vandalisme et de l’égoïsme, pour proposer aux gens de se rassembler.

Un écho en lui
Cyprien vit dans une banlieue. Chaque matin, alors qu'il prend le métro, il voit toutes sortes de tags. Mais c'est lors d'un congrès chrétien que Cyprien s'est intéressé véritablement à cet art: à cette occasion, un graffeur avait témoigné que sa manière de taguer avait changé depuis sa rencontre avec Jésus.
Interpellé, Cyprien s’est alors lancé seul dans les graffitis. Dans la foulée, il a participé à un stage artistique, ignorant que l'année suivante il en serait l’animateur. Puis, avec un ami, il a exercé sa passion et développé de nombreux projets: fresques murales, live painting, space painting. Sa politique est claire: il ne tague pas les murs de manière illicite, mais travaille pour des entreprises ou des particuliers, qui lui demandent par exemple que leur prénom soit inscrit sur le mur de leur chambre (c’est la nouvelle tendance!).

Du noir au fluo
Certaines de ses œuvres sont pleines de sens et peuvent conduire à des questionnements spirituels. Prenons l’exemple du space painting, cette technique qui permet de peindre avec une bombe aérosol. Cyprien a une feuille devant lui. Il dessine une planète. Au départ, c’est plutôt bien parti. Puis il recouvre tout cela de noir et de couleurs sombres, tout semble recouvert et gâché. Soudain, la couleur réapparaît, une source d'eau jaillit sur le papier, des arbres se dessinent et le résultat est franchement bon, alors qu'avant, tout semblait compromis.
Cyprien explique: «Cela peut ressembler à ce que nous vivons parfois. Tout va pour le mieux, puis les circonstances se compliquent, mais c'est là qu'il est important de faire confiance à l'artiste, Dieu, qui peut faire sortir quelque chose de beau de cette obscurité.»

Delphine Bourgeois

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