Mes parents ont des chouchous

image: Mes parents ont des chouchous
© Alliance Presse

T’es le chouchou?

Si tu sens bien que tes parents, ou en tout cas un des deux, ont une préférence pour toi, tu auras sûrement tendance à être fier de toi, à avoir un «sentiment de supériorité», selon Christian et Fabienne Sollberger. Le risque que tu cours, d’après eux: croire que tu serais plus exceptionnel que les autres et que, du coup, tu aurais droit à un régime de faveur partout (à l’école, dans la famille, au sport, etc.). Bien sûr, tu aurais tort de chercher à être moins aimé de tes parents. Par contre, tu auras intérêt à prendre conscience de tes propres défauts, à être lucide sur tes forces et faiblesses. Partir en voyage humanitaire ou missionnaire pour des personnes défavorisées peut également être utile, selon les Sollberger. Un moyen d’embrasser une vie simple et exigeante.

Tu as également un rôle à jouer pour améliorer les relations familiales. Il serait facile d’être fier et de regarder tes frères et sœurs de haut. Mais cette attitude leur ferait encore plus mal. Les rivalités sont certes inévitables dans une fratrie, mais essaie autant que possible de valoriser les «non-chouchous». «Tu peux encourager verbalement les projets de tes frères et sœurs, rendre tes parents attentifs à la situation, organiser des sorties avec la famille ou avec un frère ou une sœur en particulier, ou encore prier pour recevoir de la sagesse de Dieu dans la gestion de ces relations», encouragent les Sollberger. Concrètement, tu peux aussi refuser parfois certains avantages ou décider de partager les cadeaux que tu reçois, «pour faire bénéficier le plus souvent possible et le plus de monde possible de ton statut de chouchou». Peut-être que, par ton amour à l’égard de tes frères et sœurs, tu leur permettras de ne pas ruminer des sentiments négatifs qui pourraient leur faire du mal pour la suite de leur vie.

Certains parents semblent avoir des préférences pour l’un ou l’autre enfant de la famille. Si tu as l’impression d’être le «non-chouchou», cela peut faire très mal. Comment réagir?

«Ta sœur, elle y arrive, elle!». Cette petite pique de tes parents te fait mal; elle semble s’ajouter aux nombreuses situations où tu as eu le sentiment que tes parents préféraient ta sœur. Serait-elle donc la «chouchou» et toi le mal-aimé? Cette question te perturbe, d’autant que tu peines à savoir si tu te fais des idées ou non… Comment démêler le vrai du faux?

Des plus grandes affinités?
Le plus important, c’est de faire une distinction entre «affinités» et «chouchouteries». En ce moment, Salomé a par exemple une plus grande complicité avec son fils Nathanaël qu’avec sa fille Justine. Les raisons: Nathanaël lui ressemble davantage, il a les mêmes dons qu’elle, il est tranquille comme elle, capable de s’occuper seul et plus obéissant que sa sœur. Justine, elle, s’éclate plus avec son papa, par exemple à faire des activités extérieures. Mais pour les deux parents, pas question de faire des différences ou d’aimer plus un enfant que l’autre: «Nous adaptons juste nos attentions à la personnalité et aux goûts de chacun». Du genre, ce serait stupide d’emmener Nathanaël à un spectacle de patinage avec sa sœur, tout simplement parce qu’il n’aime pas ça! Bref, ce que tu ressens comme des chouchouteries consiste peut-être simplement en certaines affinités de la part de tes parents.

Pas forcément fait pour durer
De plus, ces affinités ne resteront sûrement pas figées jusqu’à la mort de tes parents! «Il y a des saisons de vie», expliquent Christian et Fabienne Sollberger, qui s’engagent en faveur des familles. Tu t’entends mieux avec ton père que ta mère? Eh bien, ça changera peut-être d’ici quelques années. Et c’est la même chose pour tes frères et sœurs. L’amour, dans une famille, peut passer par différentes phases.

Oui, mais…
Toujours pas rassuré? Certains symptômes t’inquiètent: tes parents prennent toujours la défense de ton frère ou de ta sœur, ils le protègent plus que toi, ils vous comparent, ils disent du mal de toi aux autres. Il faut hélas reconnaître que, dans certaines situations, il y a de vraies chouchouteries, qui dépassent les simples affinités. Comment le savoir? Le mieux est d’en parler avec tes parents: «J’ai le sentiment que vous avez des préférences». Puis donne des exemples concrets de situations qui te font penser que tes parents préfèrent ton frère ou ta sœur. Tu verras bien s’ils te rassurent complètement (ouf!), s’ils s’énervent sans répondre à la question ou s’ils admettent que ton frère est leur chouchou ou le chouchou de l’un des deux.

Entoure-toi d’amis valorisants!
Dans ces derniers cas, que faire? Tu as besoin d’être en relation avec des gens qui te valorisent. «Passe du temps avec des amis fidèles, avec des gens qui savent t’encourager, t’aider à sortir de la comparaison et valoriser tes dons», conseillent les Sollberger. Un exemple: si tes parents, fans de sport, semblent admirer ton frère qui joue au foot et te méprisent parce que tu aimes le chant, trouve un cadre dans lequel tu peux valoriser ta passion pour la musique et être félicité pour ça. Si tu es «pourri de l’intérieur» par des sentiments de rejet, de solitude ou de colère à cause des préférences de tes parents, prends contact avec le responsable de ton groupe de jeunes, pour qu’il puisse t’encourager, te conseiller quant à la manière de vivre dans ta famille, te valoriser et prier pour toi. Ne reste pas seul!

Jérémie Cavin

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°