L’espérance plus forte que le harcèlement scolaire

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Elle a pardonné

Charlene dit avoir pardonné à ses harceleurs de l’époque. «Cela n’a pas été simple et ça a pris du temps. Mais garder cette rancune me faisait trop souffrir. Ce n’est pas seulement le fait de croire en Dieu qui m’a aidée à pardonner, c’est Dieu lui-même qui m’en a donné la force. Il a permis de faire de ma faiblesse une force. Sans Dieu, qui sait où j’en serais aujourd’hui?»
La jeune femme n’a pas tout oublié, mais elle ne leur en veut plus lorsqu’elle y pense. Surtout, elle désire avancer, fière de son parcours. Mariée, bien active professionnellement, elle consacre une bonne partie de son temps libre à l’écriture, de romans surtout. A 27 ans, elle a déjà rédigé douze livres. Bref, elle croque la vie à pleine dent. Et elle chante volontiers ces paroles: «J’étais brisée, vide et sans espoir. Ta grâce m’a trouvée et m’a restaurée.»

Victime de harcèlement à l’école durant des années, Charlene témoigne.

«Vous êtes merveilleux à votre manière, ne l’oubliez jamais!» C’est le cri du cœur lancé par Charlene à toutes les victimes de harcèlement scolaire. Ayant elle-même réussi à se reconstruire après avoir subi ce calvaire durant dix ans, elle a décidé de lutter contre ce fléau. Elle raconte son histoire dans un livre intitulé L’Espérance m’a sauvée.

Charlene a huit ans lorsque les ennuis commencent. «J’étais une élève hypersensible et très émotive, je pleurais très facilement», se souvient-elle. «Mes camarades de classe l’ont remarqué et ça les amusait. Ils trouvaient marrant de me prendre pour leur souffre-douleur.»

Même l’un de ses profs l’appelle «la chialeuse». Les critiques des copains touchent aussi à son physique. «On m’a traitée d’oreille de vampire. Je ne disais rien, mais ces mots me blessaient.» Charlene se rend à l’école la boule au ventre. Ou elle invente des maux pour rester à la maison. «Je n’osais pas en parler. J’avais honte.»

Idées noires
A 14 ans, elle change d’école. Secrètement, elle espère que son calvaire diminuerait. «Il y a bien eu du changement, mais en pire!». Le problème? Les élèves sont plus nombreux et leurs moqueries plus méchantes. A force d’entendre les mêmes remarques, elle finit par croire qu’elle ne manquerait à personne si elle venait à quitter ce monde. Ses passions pour l’équitation et l’écriture l’aident heureusement à garder la tête hors de l’eau. Surtout, il y a sa foi. «Dieu était toujours autant présent, même si je ne le réalisais pas. Même quand je l’ai renié, il ne m’a pas délaissée car il n’abandonne pas ses enfants. Il les console, souffre avec eux, les protège et les aime d’un amour si puissant et sincère que cela en est renversant. Aujourd’hui, je suis consciente que si je vis encore c’est non seulement grâce à mes passions, mais davantage grâce à ma foi.»


En visite dans les classes
Charlene a vu le bout du tunnel après avoir intégré une nouvelle école pour une année transitoire. Elle a ensuite eu envie de développer sa passion pour l’écriture. Et peu importe si certains n’y croyaient pas. Renforcée par ce qu’elle avait vécu, elle s’est battue. «Je n’ai laissé personne piétiner cette envie.» Elle a rédigé un premier roman, Madon, et a été contactée par le magazine Girls! pour en publier des extraits.

La vie lui réservait encore d’autres projets. Un jour, suite à une rencontre avec une autre victime de harcèlement scolaire, elle a écrit une nouvelle traitant du sujet. Intitulée Brisée, celle-ci raconte l’histoire fictive d’Eloïse, 15 ans, harcelée psychiquement et physiquement. Le livre a rencontré un bel écho médiatique, si bien que Charlene et sa complice ont décidé de continuer leur combat en créant site internet avec le but d’aider les jeunes et offrir du soutien aux familles touchées. Mieux, Charlene est désormais invitée dans des écoles pour sensibiliser élèves et profs au fléau.

Charlene a ensuite écrit L’Espérance m’a sauvée, ce livre dans lequel elle raconte comment elle s’en est sortie et a pardonné. «C’est un témoignage de vie, c’est ma façon de dire merci à Dieu.» Elle l’a aussi fait pour apporter un peu d’espoir aux victimes qui, à force de harcèlement, pensent ne servir à rien. «Vous n’êtes pas seules. On peut s’en sortir! Mais ne terrez-vous pas dans le silence. Il faut en parler pour trouver de l’aide», leur dit-elle.

Par Michael Bassin



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