J’ai comme une envie de fuguer

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Cette fois, c'est trop! Je quitte la maison! N'as-tu jamais eu envie de tout plaquer et de quitter le foyer familial? Des milliers de jeunes fuguent chaque année, en Suisse et en France, pourtant, il existe des solutions bien meilleures que la fuite.

Si les disputes avec tes parents sont sans fin ou que tu ne te sens pas compris, la fugue peut te sembler être le moyen tout trouvé de les faire réagir. Tu te dis qu'en partant, ils réaliseront que tu ne vas pas bien. Alessio Cinoli, directeur de Missing Children, une fondation qui s'occupe des mineurs disparus, l'énonce clairement: « Un enfant qui fugue, c'est un signal d'alerte qu'il donne et on ne peut pas répondre par l'indifférence. » Mais la fugue n'est pas un bon moyen. En effet, avant d'en arriver là, il y a d'autres solutions qui sont bien meilleures. La pédopsychiatre Adeline Yamnahakki explique qu'un jeune ne désire pas se faire du mal en fuguant, mais il cherche plutôt à « résoudre un problème qu'il n'arrive pas résoudre autrement ».

La fugue « j'en ai marre »
Tu n'en peux plus de tes parents, des règles, de ne pas être pris au sérieux. Tu penses que tu t'en sortiras mieux seul. Un conseil? Relativise. Tu es en train de devenir un adulte, tu as envie d'indépendance et c'est normal. Essaie de faire des efforts pour établir le dialogue avec tes parents.
Ecris-leur une lettre avec tout ce que tu penses et ton mal-être. Tu peux aussi leur montrer que tu grandis, en les aidant dans leurs tâches ou en prenant le temps de les écouter te raconter ce que eux vivent. Tu ne seras pas d'accord sur certains de leurs choix ou certaines de leurs règles, mais tant que tu es encore un adolescent, ils ont autorité sur toi.

La fugue « je ne sais pas comment le dire »
Quelqu'un ou quelque chose te fait du mal et tu ne sais pas comment le dire à tes parents? Adeline Yamnahakki prend ce genre de signal très au sérieux: « Ne sous-estimons pas les fugues survenant lors de maltraitances extérieures à la famille ; quand par honte, des jeunes victimes d'abus sexuels n'arrivent pas à en parler à leurs parents. » Si tu as mal, dis-le, écris-le, crie-le, il faut que quelqu'un entende ton mal-être. Tu n'as pas à avoir honte. Cherche de l'aide autour de toi au lieu de choisir de fuguer. Partir n'amènera pas de solution, au contraire. Il s'agit de communiquer et de dialoguer.

Et en cas de besoin extrême, tu peux appeler le 147 (Suisse), un numéro destiné aux jeunes (tu peux aussi écrire un SMS) ; quelqu'un te répondra à n'importe quel moment.

En France, tu peux composer le 0 800 235 236, un service anonyme et gratuit d’écoute pour les 12-25 ans. Ou encore écrire à Dr. Just.

Par Maude Burkhalter maude@just4u.org

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