La relation parrain-filleul, jusqu’à quand?

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La relation qu’on peut tisser pendant l’enfance avec un adulte autre que ses parents est-elle appelée à durer toute une vie? Quelques pistes de réponses

Avoir des adultes de référence autres que ses parents est très bénéfique, surtout à l’adolescence. Un regard extérieur à la famille peut alors apporter un enrichissement, un autre point de vue, voire l’apaisement d’une crise», affirme Jean-François Bussy, pasteur très actif auprès de la jeunesse.

Les liens familiaux et sociaux sont devenus fragiles. Une marraine ou un parrain est une épaule bienvenue sur laquelle s’appuyer. Marc, vingt-quatre ans, par exemple, a particulièrement apprécié le soutien de ses parrain et marraine lors du divorce de ses parents.

Elisa, quinze ans, a la chance d’avoir une marraine qui a les mêmes goûts qu’elle. Ensemble, elles vont au cinéma, font des ballades, du shopping. Mais le rôle de sa marraine ne s’arrête pas là. «A mon baptême, elle était là pour m’entourer. Sa foi est pour moi un exemple, elle me tire vers le haut!», s’enthousiasme la jeune fille.

Et si le courant ne passe pas ou plus?
Malgré tout, la relation peut capoter: éloignement géographique, conflit entre les parents et les parrain/marraine, incompatibilité de caractères ou simplement la vie qui nous sépare. Que faire? Certaines personnes éprouvent le besoin de rompre «officiellement» cette relation. C’est la cas de Cynthia, qui ne s’est jamais sentie à l’aise avec sa marraine et a été déçue par elle à plusieurs reprises: «A son mariage, elle ne m’a pas invitée, alors que ma mère l’était. Plus tard, elle m’a mis les bâtons dans les roues alors qu’on devait travailler ensemble». Finalement, à 18 ans, Cynthia a décidé de décharger sa marraine de son rôle. Cette dernière a accepté la décision de Cynthia, consciente que son attitude y était pour quelque chose.

Mais même sans conflit, on peut estimer que la relation filleul/parrain-marraine n’a plus lieu d’être, quand on est devenu adulte et indépendant. Si on le souhaite alors, on peut transmettre ce message avec tact, par le biais d’une lettre, tout en remerciant pour l’investissement du parrain ou de la marraine pendant toutes ces années. Ou simplement laisser la relation qui a été construite évoluer vers une relation d’adulte à adulte.

Choisir un nouvelle marraine ou un nouveau parrain, une option?
Sur un blog, on peut lire l’histoire de Marie, 19 ans: «Je n’ai plus de contact avec ma marraine depuis six ans suite à des problèmes familiaux. La meilleure amie de mes parents, en qui j’ai une confiance totale, m’a proposé de remplacer ma marraine. J’ai accepté car j’ai besoin d’avoir quelqu’un vers qui me tourner pour de petits problèmes ou de plus importants, quelqu’un avec qui je peux parler de tout». Dans cette situation, c’est une amie de la famille qui a fait la démarche mais parfois, la demande peut venir aussi de l’autre côté, du filleul: soit parce qu’il n’a jamais eu de parrain-marraine, soit parce qu’il vient de le(s) perdre et qu’il ressent encore la nécessité de cette relation. Dans ce cas, il faut se sentir libre. Mais pour ne pas être déçu à nouveau, mettre un cadre à cette nouvelle relation: qu’est-ce que j’attends de l’autre, qu’est-ce que je peux lui apporter, est-ce qu’on peut la vivre avec un engagement mutuel mais sans le titre officiel de parrain-marraine?

Sandy Azouz © Alliance Presse - toute reproduction interdite

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