Quand je suis jaloux de mes frères et soeurs

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Caïn, l’exemple à ne pas suivre

Caïn et Abel, ça te dit quelque chose? Ces deux personnages bibliques sont les premiers frères de l’histoire humaine. Les deux ont offert un sacrifice à Dieu, mais seul le don d’Abel a été accepté. La réaction de Caïn ne s’est pas fait attendre et il s’est mis dans une grande colère. Mis en garde de résister au mal, Caïn a échoué, en se laissant gagner par l’amertume. Il n’a pas su dépasser la rivalité et la jalousie, ce qui l’a conduit à assassiner son petit frère.

Par moments, les relations entre frères et sœurs peuvent être carrément explosives! Le principal fautif? Une sorte de jalousie, parfois même inconsciente. La bonne nouvelle, c’est que cette rivalité n’est ni inutile, ni éternelle.

Tensions et comparaisons: inévitable
La jalousie ou la rivalité existent dans toutes les familles… de plus d’un enfant! Logique, puisqu’on n’est plus l’unique enfant dans le cœur des parents et que l’on se retrouve face à un rival potentiel. C’est si facile de comparer nos qualités, notre physique, nos amis, etc. Deuxième d’une fratrie de filles, Amélie ne pouvait pas s’empêcher, à l’adolescence, de regarder sa sœur aînée avec envie: «On avait des amis et des activités en commun, mais je la trouvais plus populaire que moi, qui étais cataloguée comme intello». A la maison, cette rivalité était source de conflits. Pour Fabien, issu d’une fratrie de garçons, c’est plutôt sur le plan des idées que se jouait la rivalités avec son aîné: «On avait toujours des avis différents.»

La rivalité fraternelle permet de progresser
Heureusement, la rivalité a aussi du bon. Elle favorise l’apprentissage des relations sociales et, par le jeu des ressemblances et des différences, elle permet de construire sa propre personnalité. Amélie remarque que ses sœurs, dotées du même «bagage» de départ, étaient en quelque sorte des «miroirs» lui reflétant ce qu’elle était.
Autre aspect positif, la rivalité fraternelle agit comme un moteur pour s’améliorer. Jonathan, seize  ans, raconte: «Quand mon frère était petit, je n’éprouvais pas de rivalité envers lui car j’étais plus fort que lui partout. Maintenant qu’il a quinze ans, c’est différent. Notre rivalité existe surtout dans le sport. On a la même passion pour le rink-hockey et chacun a envie d’être meilleur que l’autre. Cela nous fait progresser.»

Pour mieux se retrouver?
Parfois, le rapprochement entre frères et sœurs se fait à l’adolescence; mais il arrive aussi qu’il faille attendre l’âge adulte pour que naisse une relation débarrassée de toute rivalité. «J’ai pu reparler de tout ça avec ma grande sœur», explique Amélie. «Et j’ai découvert que, de son côté, elle se comparait aussi à moi. Par exemple, elle avait le sentiment que j’avais mieux réussi ma vie». Psychologue et conseillère familiale chrétienne, Agnès Laucher Moos estime que, pour dépasser la rivalité fraternelle, il est important d’abandonner son passé à Dieu pour mieux construire l’avenir. Mais ce processus passe aussi par le dialogue: «Il s’agit de recréer des liens en dehors du regard des parents.»

Sandrine Roulet

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