J'ai perdu un proche

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Patrick, 22 ans, a perdu son père il y a deux ans. Il décrit le processus du deuil et te donne des encouragements pour affronter une telle épreuve.

C’est en décembre, le mois de Noël, de la joie et des cadeaux, que cet événement horrible a bouleversé ma vie. Mon père avait plusieurs cancers. De son opération au décès, tout s’est passé très vite. Les médecins prévoyaient encore six mois de vie. Mais Dieu l’a rappelé plus tôt, à l’aube de ses cinquante ans. Je le regardais dormir tranquillement, et en même temps des larmes coulaient. La chaleur que je sentais près de moi disparaissait lentement.
Au début, je n’ai pas compris ce qui était en train de se passer. J’avais toujours pensé que cette situation ne m’arriverait jamais, ni à ma famille. Alors la première chose que j’ai faite, c'est de vérifier son pouls. Je ne pouvais pas concevoir sa mort. Et là, quand j’ai senti que son cœur ne battait plus, j’ai compris que je venais de perdre mon papa. Puis je suis passé par plusieurs phases, qui se retrouvent souvent dans un deuil.

1. Le déni
La première est celle du déni, pendant laquelle le décès n’est pas encore intégré. La nouvelle du deuil provoque un état de sidération: j’étais à la fois agité, accablé et hébété, engourdi. Il s’agissait d’admettre la perte réelle de mon père. Souvent, une impression de vide et d’épuisement m’envahissait. Au cours de cette étape, je m’énervais contre tout le monde, contre les survivants, contre moi-même. Puis j’essayais de trouver un arrangement, je suppliais Dieu, désirant offrir ma propre âme en échange d’un jour de plus. Cette première étape peut durer de quelques minutes à quelques jours. C’est seulement après ce temps de déni que la réalité de la perte s’installe.

2. Le chagrin
Vient ensuite une deuxième phase, celle du chagrin, avec la manifestation de douleurs physiques (perte du sommeil et de l’appétit, boule de gorge) et mentales (manque de concentration, perte de confiance en soi). Cette étape peut durer quelques semaines ou quelques mois. Pour moi, elle a été la plus dure, parce que j’étais submergé par la culpabilité et une colère incontrôlable, des préoccupations et des comportements inhabituels. Et tant de questions! «Pourquoi moi? Comment continuer à vivre? Quel est le sens de la vie?»
Il m’est arrivé de m’énerver pour des choses insignifiantes. J’étais tendu, agité, angoissé. Mon état m’empêchait de maintenir une relation quelconque. Mon expression n’était plus la même. Il était difficile de parler à quelqu’un sans penser à autre chose. La tristesse avait rempli mon quotidien, je passais par des crises de larmes. On retrouve dans cette phase les signes habituels de la dépression. J’avais l’impression que cela ne se terminerait jamais. Heureusement, j’ai pu compter sur un soutien psychologique, et mes amis ont été là pour m’écouter. Avec leurs petits mots, ils essayaient d’apaiser mon chagrin.
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3. L’acceptation
La troisième phrase est celle de l’acceptation ou de la résolution du deuil. Je m’efforçais de reprendre goût à la vie. Je pouvais encore vivre la tristesse, mais tout en me détachant et en me reconstruisant. Petit à petit, j’ai accepté la mort. La perte a été remplacée par une présence intérieure après intégration du deuil. La guérison s’annonçait et j’ai pu réinvestir mon énergie dans mes nouveaux projets. Ma concentration est revenue et j’ai reformulé un sens à la vie. Mais se libérer totalement du chagrin prend du temps. Aujourd’hui, deux ans plus tard, je n’y suis pas encore parvenu.

Un travail sur soi
Voir ses parents partir est une choses terrible. Mais le travail de deuil permet d’accepter la disparition et de définir un «avant» et un «après». Il s’agit de se reconstruire. Il faut être patient avec soi et les autres. Nos proches ne comprennent pas toujours ce que nous ressentons. Entourons-nous donc de personnes avec qui nous nous sentons bien et auxquelles nous pouvons nous confier. Il est nécessaire d’exprimer son chagrin, sinon le poids est trop lourd à porter. Et si le travail de deuil est trop douloureux, il peut être utile de faire appel à un accompagnant professionnel, par exemple un psychologue.

L’espérance de la résurrection
Tout au long de ce processus, la Bible m’a aidé à trouver une espérance, à continuer d’avoir la foi. Certes, la mort est un mur par-dessus lequel nous ne pouvons pas voir. Mais quelqu’un a fait une brèche dans ce mur et il est revenu «d’outre-tombe»: Jésus, mort sur la croix, mis au tombeau et ressuscité d’entre les morts le troisième jour. Celui qui a triomphé de la mort nous donne l’assurance que notre existence ne se termine pas dans la mort. Nous sommes des créatures destinées à l’éternité, mais seule la foi en lui nous garantit la vie éternelle: «Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt» (Jn. 1,25).

Patrick Kalala

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