Qui influence qui?

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Raphaël était le dernier gars de sa classe de collégiens à ne pas fumer. Evidemment, quand il y a quatre gars pour quinze filles, c'est plus vite arrivé. Sébastien était l'avant-dernier. Un jour, il est venu avec un paquet de cigarettes à la main. Il a proposé à Raphaël de l'imiter. Pendant deux ou trois jours, ils ont acheté différentes marques pour voir si l'une était meilleure que l'autre. A la maison, Raphaël a trouvé une cachette pour ne pas éveiller les soupçons de ses parents.

Une décision pas facile
Mais après une semaine, le collégien n'en pouvait déjà plus. Cette odeur nauséabonde de cigarette le suivait partout. Et à part le fait de jouer dans la cour des gros bras de sa classe, il ne tirait pas de véritable satisfaction à fumer. Pas plus qu'il ne réussissait à épater les filles. Un matin, il a donc décidé d'en parler à Sébastien. Les yeux dans les yeux : «Dis, est-ce que tu trouves vraiment cool la cigarette? Parce que moi, je n'aime vraiment pas l'arrière-goût que ça me laisse dans la bouche». Après avoir baissé le regard, Sébastien lui a avoué que pour lui, c'était la même chose. Ils ont finalement décidé de jeter les paquets de cigarettes et de ne plus fumer.

«J’étais tiraillé entre la loyauté à ma foi et celle à mes copains»
Nous sommes tous sous influence. Souvent, nous sommes attentifs au regard et à l’approbation des autres. Mais les autres ne le sont pas moins que nous! Du coup, nous avons toujours le choix de faire partie des influencés ou des «influenceurs». Dan l'a expérimenté au lycée. Sa prof de français faisait rire toute la classe. «Elle était âgée, maniérée et un peu beaucoup raide de caractère. On n'arrêtait pas de se moquer d'elle». Un jour, avec plusieurs copains, ils ont fait une mauvaise farce, digne du film Les Profs. Toute la classe a été punie. Dan n'était pas fier de s'être laissé entraîner dans cette histoire. «La moquerie ne collait pas vraiment avec ma foi et l'idée que la Bible m'indiquait de l'amour du prochain. Même si j'étais tiraillé entre la loyauté à ma foi et celle à mes copains, j'ai décidé d'écrire un petit mot d'excuses à la prof.»
Dan raconte qu’il s’est senti ensuite en paix avec Dieu et avec lui-même. Sa démarche a eu le mérite de calmer un peu le jeu et de ramener un climat plus paisible lors des cours de français. Et lorsqu'il a confessé devant ses copains ce qu'il avait fait, certains ont ri. Heureusement pour lui, d'autres ont aussi reconnu qu'il avait bien fait.

Côtoyer des gens qui pensent autrement, c’est aussi bien!
Jusqu'à l'âge adulte, on est en pleine construction. A la manière des os et des muscles, notre «colonne vertébrale intérieure» se développe et se renforce. Dans cette période, on peut se surprendre soi-même d'être loyal avec des amis peu fréquentables un jour et avec ses potes chrétiens le lendemain. Cette contradiction nous permet de comparer les valeurs des uns et des autres.

D'ailleurs, lorsque Dieu a inspiré l'écriture de la Bible, il n'a pas caché l'existence d'adorateurs de faux dieux ou de gens de mauvaise vie. Ce n’est pas forcément inutile pour nous : c’est aussi en observant ce qui cloche chez les autres que nous pouvons nous positionner et faire des choix inverses. Nous développons ainsi notre propre cohérence, en faisant le tri dans ce que nous voulons imiter ou pas des autres. En effet, en fin de compte, «on ne peut servir deux maîtres sans que l'un d'eux soit trompé» (Matt. 6, 24). Le jour où on comprend et on intègre cette réalité, notre vie prend une autre saveur. Nos choix sont facilités et notre influence positive sur nos copains pourra se développer.

Par Christian Willi

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