La foi, l’espoir et le RAP

image: La foi, l’espoir et le RAP
© Alliance Presse

«Je ne veux pas être une star»

«Je le dis tout de suite, cela n’a jamais été mon but d’aller à la Star Academy». Lorsque la production d'Endemol lui téléphone en 2012, Jimix n’est pas du tout attiré par la téléréalité. Après avoir discuté avec son équipe, il décide cependant de tenter l’aventure. «Je suis allé dans ce château avec mon répertoire, mon univers, dans le but de faire ce que je pense être juste : transmettre l’espoir». Très vite, Jimix est assez déçu par l’envers du décor de la téléréalité : «J’ai fait moins d’un mois, car je suis quelqu’un de très authentique. J’en ai vite eu assez qu’on me dise qui je devais être.»
Malgré tout, Jimix en tire un bilan positif : «C’était une expérience riche, parce que j’ai pu prendre ce qu’il me fallait et jeter le reste. Cela m’a aussi affermi dans l’idée que ce que je faisais était juste et que je n’avais rien à envier au côté paillettes». Son conseil : «Lorsqu’on te propose quelque chose, demande-toi si cette opportunité est en accord avec tes objectifs, afin de ne pas te trahir toi-même.»

Jimix a trouvé un but à sa vie : apporter l’espoir. Son moyen : le rap. Malgré les épreuves et les défis, il ne met jamais de côté ses convictions et persévère pour poursuivre ses objectifs.

Une rage de vivre, voilà ce qui anime Jimix. Ayant perdu des proches dans son enfance, Jimix se tourne très tôt vers le rap. C’est un moyen d’expression par lequel il peut dire sans retenue ce qu’il a au fond de lui. «Je pensais que rapper allait me guérir et me faire oublier ce que j’avais vécu». Passionné par ce qu’il fait, Jimix passe des heures dans sa chambre à rapper.

Une sérieuse remise en question
Un matin de novembre, alors qu’il n’a que 17 ans, Jimix se fait percuter par une voiture à plus de 70km/h. A son réveil à l’hôpital, il souffre de multiples fractures. Les médecins le considèrent comme un miraculé. Immobilisé, Jimix se remet en question, s’interroge sur son identité, ses rêves et son avenir. Ne trouvant pas de réponses, il crie au ciel. A sa sortie de l’hôpital, il décide de donner un sens à sa vie, de réfléchir à qui il veut être sur cette terre. Il se souvient alors d’une phrase marquante qu’un pasteur du Bronx à New York lui avait dite : «Une seule petite personne peut faire la différence». C’est un déclic et Jimix est convaincu que c’est à lui de faire cette différence.
Deux ans après son accident, le jour de ses 19 ans, en plein concert, Jimix annonce au public qu’il veut changer de vie et faire le bien autour de lui. «Sur le moment, les gens me prenaient un peu pour un fou, mais j’avais une ligne, et enfin je commençais à construire mon identité». Il décide de rapper pour influencer la jeunesse par ses mots et son vécu.

Assoiffé d’espoir
Jimix veut transmettre l’espoir autour de lui. Il le fait en devenant éducateur, mais aussi par sa musique. Le titre de son premier EP, en 2009, est révélateur : Assoiffé d’espoir. Même s’il est lié avec un label dès 2012, il entend bien garder son côté social. C’est pourquoi l’association Fight for Hope est créée. Grâce à ce fonds, il peut entamer des tournées dans les hôpitaux, les prisons et les écoles. En prison, Jimix décrit une ambiance très humaine : «Si tu fais semblant, en moins de trente secondes les détenus perçoivent que tu n’es pas vrai, mais hypocrite. Le but n’est pas de monter sur scène, mais de vivre un moment, un échange. La musique est l’une des meilleures thérapies.»

Sois toi-même! Et tu en verras les fruits
Alors même si, pour beaucoup d’artistes, la musique est un moyen d’obtenir la reconnaissance, pour Jimix l’essentiel n’est pas là. Il a trouvé son identité, un sens à sa vie et à ses projets. Il t’encourage à faire de même, à te fixer des objectifs en adéquation avec ce que tu crois et avec tes valeurs. Une question de loyauté. «Si tu ne te trahis pas, tu seras reconnu pour ton intégrité et ta personnalité». Il conclut : «Avoir sa propre identité et ne pas toujours se formater au monde, c’est le plus important. Cela permet de mettre toutes les chances de son côté pour atteindre ses buts!»

Par Robin Jaques

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°