«Différente des autres malades»

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«Vous avez un cancer de la langue. Il vous reste trois mois à vivre!» Jordana n’a que vingt-trois ans lorsque son médecin lui explique qu’elle arrive trop tard: la maladie s’est déjà propagée au poumon gauche. Il va falloir enlever sa langue en entier, faire toute une série d’interventions. «J’écoute, mais je n’arrive juste pas à le croire», raconte la jeune femme. «Le docteur claque des doigts pour me faire réagir. Intérieurement, j’entends le Saint-Esprit me dire: “Ne le crois pas! Dieu a des projets de bonheur et non de malheur, pour te donner un avenir et une espérance” (Jér. 29,11).»

Jordana est Péruvienne, mais à l’époque, elle étudie la psychologie en Espagne. «J’étais allée chez le dentiste parce que j’avais un peu mal à la bouche. Rien de grave, je croyais. A ma grande surprise, le dentiste est inquiet: il a repéré une tache blanche sur ma langue. Il m’envoie faire des examens», poursuit-elle. Six mois plus tard, elle a enfin un diagnostic. Elle doit faire face à la maladie. Ou même à la mort.

Prédication sur Internet
«Lors de la première session de chimiothérapie, un ange du Seigneur vient dans ma chambre, à l'aube. Je suis très faible à cause des médicaments. L’ange me prend la main et me dit de boire beaucoup d'eau. Je comprends qu’il parle de la Parole de Dieu, mais lire la Bible me fatigue», se souvient-elle. Sa solution? Elle écoute des prédications sur internet. «Là, je ressens la présence de Dieu. Un Dieu qui utilise ces moments de traitement pour me changer dans beaucoup de domaines: comme femme, comme fille, par rapport à mon identité...»

Chaque session de chimio, Jordana prend son ordinateur portable et met de la musique chrétienne dans sa chambre d’hôpital. «Lorsque je loue Dieu, je me sens vraiment vivante», exprime-t.-elle. «La Bible dit bien: “Que tout ce qui respire loue le Seigneur!”» L'équipe médicale n'arrête pas de s’étonner: «On ne dirait pas que tu es une patiente du service d'oncologie. Ton visage est différent de celui des autres patients!» lui répètent-ils. Sa peau n’est pas devenue grise comme celle des autres malades. Elle leur répond que Dieu est bon.

Une promesse
Après la première chimio, Jordana retourne chez elle pour prendre des forces. «Là, je sens vraiment que je n’en peux plus. Alors je prie: “Seigneur, je n’ai pas la force, dis-moi pourquoi je passe par là!” Je ne réclame pas, je veux juste comprendre dans quel but je vis ces choses», confie-t-elle. «D’un coup, je ressens un immense silence de Dieu, pratiquement sans réponse. Je me sens déchargée. Je sais que Dieu a un plan, même si je ne le connais pas.»

A cette époque, Jordana préfère être seule. «C’est dur de voir dans le regard des gens leur douleur pour moi. Alors je leur demande de prier. Et Dieu se met à travailler ma foi à fond. Il me demande: “Est-ce que, vraiment, tu crois en moi?” Ce jour-là, je promets: “Quelle que soit ta réponse, soit que tu me donnes la vie ou soit que tu me demandes ma vie, je vais continuer à te reconnaître, à te chanter. Je ne vais pas blasphémer”.»

Comment a-t-elle été guérie? Elle l’ignore. Mais sur tous les continents, des gens ont prié pour elle. «Deux ans après mon premier rendez-vous, j’ai besoin d’un certificat de bonne santé. Je retourne voir le médecin qui m’a diagnostiquée. Il me regarde comme un fantôme!» Aujourd’hui, Jordana a vingt-huit ans et, avec son mari, ils sont pasteurs d’une Église en Suisse. 

Par Célia Evenson

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