Communiquer plutôt que critiquer

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«Je ne critique pas, je constate»

Si ta sœur t'a piqué ton iPod et que tu vas t’en plaindre à tes parents, tu auras sûrement cette excuse: «Je ne critique pas, je constate». D’une certaine manière, tu as raison: ne pas critiquer, est-ce ne jamais rien dire de mal sur quelqu’un? Après tout, je ne vais quand même pas dire de mon président que c’est un ange si sa politique est pourrie! La limite peut être celle-ci: je ne dois pas dire quelque chose derrière le dos de quelqu’un si je ne suis pas capable de le lui dire en face. Par exemple, tu as le droit de ne pas aimer ton président, mais il y a une différence entre dire «Ce type est le roi des c…» ou «Je ne suis pas d’accord avec lui parce que…». Autre cas particulier: il est parfois amusant de rire gentiment de quelqu’un. La limite, c’est de savoir si tu serais prêt à le lui dire en face. Cela dépend aussi tout de la personnalité et de la sensibilité de chacun, de ce qu’il peut encaisser. Dernier conseil: si quelqu’un est vraiment dans le faux, tu as le devoir d’aller le lui dire. C’est ce qu’on appelle une critique constructive! Et celle-là, de critique, elle est carrément biblique.

Cela fait déjà plusieurs fois que ta sœur te prend ton iPod, entre dans ta chambre comme si elle était chez elle et, surtout, critique tes dernières trouvailles vestimentaires... Comment éviter que la discussion s’enflamme, que la situation dégénère et que tu en viennes à la critiquer derrière son dos?

Face aux problèmes, tu peux adopter plusieurs stratégies. L'une d'elle est l'évitement: tu fuis en niant les problèmes. Mais cette stratégie, ça va un moment: sur la durée, elle ne tient pas. C’est la même chose avec le désamorçage: c’est un arrêt de la discussion, qui permet à chacun de se calmer. Donc dans le feu de l’action, cela peut être une bonne chose. Mais les questions de fond restent en suspens. Alors dans tous les cas, il faudra un jour passer à la dernière tactique: l’affrontement.

Mettre les choses au point
L’affrontement, c’est choisir de faire face aux conflits, de parler du problème et de chercher des solutions plutôt que de laisser des frustrations et les critiques gagner du terrain. Dans notre exemple, tu devras décider de parler avec ta sœur.
Tu ne sais pas par où commencer? Au départ, concentre-toi sur les faits: «Hier, j'ai vu que mon iPod avait disparu, qu’il n'était plus dans ma chambre». Après vient le moment d’exprimer tes sentiments, mais en restant correct. Cette situation t’énerve profondément? Alors explique pourquoi, dis par exemple que tu as besoin de savoir où sont tes affaires. Puis exprime ta demande: «Pourrais-tu me demander mon autorisation avant de m'emprunter quelque chose et, si je ne suis pas là, attendre que je sois de retour?»

De bonnes formulations
En cas de doute, il peut être utile de reformuler ce que l’interlocuteur a exprimé: «Si j’ai bien compris, tu me dis que cela t’énerve que j’écoute de la musique à 200 décibels à 3 heures du matin?». Lorsque tu cherches des solutions, essaie de privilégier des solutions où tout le monde est gagnant. Exprime ton avis, en parlant en «je» et évite le «tu»; sinon, l'autre personne pourrait se sentir accusée.

Les relations sont complexes et la vie ne se résume pas à quelques principes. Mais n’est-il pas préférable d’entrer dans la discussion en parlant de ce que l’on ressent plutôt que d’attaquer l’autre avec colère ou de le critiquer par derrière? Pour devenir un as de la communication, il ne te reste plus qu’à mettre tout cela en pratique!

Delphine Bourgeois

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