Ce que tu as toujours voulu dire à ta maman...

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© Alliance Presse

Les relations familiales, c’est tout un programme! Pour notre dossier «spécial famille», nous avons demander à une ado d'écrire une lettre à sa maman et à une maman d'écrire aussi à l'un de ses enfants ados... Plutôt marrant, mais aussi plein de vérités! Découvre les autres articles de ce dossier sur ce site.

Lettre d'une ado à sa maman: «Tu réagis comme si tu n'avais jamais été ado!»

Salut maman,

J'ai une bonne nouvelle: toi et papa, je vous garde comme parents. Bon c'est vrai, je n'ai pas vraiment le choix... Mais c'est vrai aussi que dans l'ensemble, ça ne se passe pas trop mal entre nous.

«Vous avez déjà été ados?»
ça, c'est la bonne nouvelle. Mais j'aimerais bien vous dire deux ou trois trucs qui pourraient améliorer nos relations. Il m’arrive de me demander si toi et papa avez eu le même âge que moi, si vous avez été ados. Parce que des fois, vous n'y connaissez juste rien. Mais vraiment rien du tout!
Regarde-moi, maman! Tu vois bien que je grandis. Chez nous, c'est encore plus simple de le remarquer, puisque nous sommes deux frères et deux sœurs et qu'avec mon plus petit frère, nous avons dix ans d'écart! Alors pourquoi toujours me traiter comme la petite fille que je ne suis plus? Ah oui, j'oubliais presque... c'est pour me protéger! Toi et papa, vous me protégez tellement que parfois je n'ai même pas le temps de vous demander une permission que déjà vous donnez la réponse. Pas très variée d'ailleurs: «Non, c'est non!». Faut pas croire que tout ce que vous lisez dans les journaux arrive à tout le monde. C'est vrai, tu sais bien que je ne fume pas, que je ne bois pas. Du coup, je vois mal comment je pourrais tomber dans un coma éthylique....

«Et mes sorties, alors?»
Et tu sais, parfois je me demande même si je te donne l'impression de rapetisser. C'est vrai, pour mon petit copain - le sujet de dispute numéro 1 entre nous - tu m'interdis des trucs que tu me permettais quand j'avais un an de moins. Je n'y comprends rien. Puisqu'on y est, parlons des sorties. Il est déjà arrivé que vous me disiez non; et après coup, j'ai vu que vous aviez raison. Mais c'est plutôt l'exception. En général, vous devriez me faire plus confiance. La preuve, c'est qu'à chaque fois que vous m'avez permis de sortir, je suis rentrée à l'heure, ou presque.
Puisque tu m'écoutes, j'en profite pour te dire que ce n'est pas toujours nécessaire d'intervenir quand on se dispute entre sœurs ou avec nos frères. Depuis le temps, on se connaît bien. On sait ce qui énerve l'autre. Mais on sait aussi s'arrêter tout seuls.

Une famille de machos?
Tout autre chose: je ne suis pas opposée à participer aux tâches de la maison. Et vu que mes frères sont plus petits, je comprends qu'ils n'en fassent pas autant que moi. Mais je me demande quand même si notre famille n'est pas un peu macho sur les bords... J'espère que ça va changer!
Une dernière chose: l'histoire du portable. Je sais, je suis mineure. Mais franchement, ta manie d'aller fouiller dans mon téléphone portable, ça m'énerve grave. J'ai droit à une vie privée tout de même, non?
Il y a un truc que je ne peux pas vous reprocher: c'est de manquer de quelque chose. Sauf que tu devrais comprendre, si tu as vraiment eu mon âge un jour, que les relations, les copains, c'est le truc le plus important pour moi. Et il paraît même que ça permet de mieux grandir:-)

Justine
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Lettre d'une maman à son fils: «Nous allons former une équipe»

Cher Simon,

Au sujet de nos difficultés relationnelles, il faut que je te dise un truc ou deux. Je savais déjà que tes hormones sont en train de «monter», mais j’ai appris que les ados sont des individus «en chantier». C’est ce qui m’a permis de prendre patience avec ce que je considérais comme des fantaisies ou des négligences.

«J’ai appris sur le tas»
Eh bien, figure-toi que je suis moi aussi une mère en chantier! Mes hormones jouent au yoyo et mon cerveau de quadra commence à ralentir… Je suis moins organisée qu’avant de vous mettre au monde, toi, ta sœur et ton frère. Il faut dire que j’ai appris sur le tas, à mesure que chacun naissait. Pas d’études approfondies, pas de formation pointue, pas d’examen sanctionnant mes capacités. Donc, comme tu as pu t’en rendre compte, et comme l’expression de ton visage le laisse souvent voir, je commets beaucoup d’erreurs, et c’est toi qui en fais les frais, puisque tu es notre aîné. C’est en tirant les leçons cuisantes de mes échecs que j’essaie de m’améliorer.

«Je dois lâcher prise»
Tu es le premier adolescent qu’il m’incombe de «transformer» en adulte autonome, indépendant, respectueux et responsable. Si mes décisions sont parfois inadéquates, c’est sans doute parce que je ne veux pas reproduire les erreurs de mes propres parents.
J’aimerais t’épargner. Mais j’ai appris que cela ne t’apprend pas à te débrouiller. Je dois lâcher prise, car me cramponner à mes angoisses maternelles ne fait de bien ni à toi, ni à moi. Il vaut mieux passer le contrôle à Qui tu sais.
J’ai compris, grâce à nos entretiens avec ton maître de classe, que tes bêtises ne sont pas des provocations, mais des recherches de limites. Tu ne fais pas tout ça pour m’énerver, tu tâtonnes. Moi non plus je ne fais pas «exprès de t’embêter», mes limites ne sont pas là pour «te gâcher le plaisir». Et si j’ai parfois peur, ce n’est pas parce que je n’aurais «pas confiance en toi». Ce que je fais et ce que je dis n’est pas dirigé contre toi, mais pour toi. Enfin, c’est ce que je veux, mais je n’obtiens pas toujours l’effet attendu.

Formons une équipe!
Bref, toi et moi, nous sommes aussi inexpérimentés l’un que l’autre. Mais ne soyons pas défaitistes: nous avons des outils et des personnes ressources dans notre famille, notre Eglise et ton école. Nous avons aussi le Maître de l’univers. Sans doute, de même que j’ai dû faire le deuil de mon projet éducatif parfait, tu devras te contenter de parents imparfaits. Mais nous allons former une équipe pour que tu deviennes la personne qui est véritablement en toi, celle que tu mérites qu’on encourage, celle que Dieu a voulue. Prends patience avec nous, comme nous le faisons avec toi. Pourvu qu’on continue le chemin ensemble.

Et, comme je te le dis souvent, baisse le son, dis bonjour à la dame, ramasse tes chaussettes, c’est bientôt fini cette vaisselle?, laisse ta sœur tranquille, qui a mangé toutes les madeleines?, va bosser ton voc d’allemand, éteins cet ordinateur et n’oublie pas que je t’aime.

Maman (Nel)

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